Journée d'étude "La nature dans tous ses états" - appel à communications

 

 

 

 

Appel à communications

Journée d’étude de l’Association Interdisciplinaire des Doctorants de l’Ouest en Confluences

La nature dans tous ses états : réflexions interdisciplinaires sur la notion de nature

vendredi 24 mai 2019

Maison de la Recherche Germaine Tillion - ANGERS

Considérée comme le « principe qui définit un être ou une chose » et à la fois comme le « monde physique » (Petit Robert, 2010), la « nature » est un terme polysémique s’apprêtant à des analyses et interprétations multiples et plurielles. La nature, à la fois observée, pratiquée et perçue, a fait l’objet de croyances, de théorisations et d’interventions considérablement variables selon les époques et les lieux. Elle constitue aujourd’hui un élément de débat social, politique et économique, mais aussi un objet d’étude scientifique ouvert à toutes les disciplines1. L’objectif de cette journée d’étude est d’enrichir le débat relatif aux enjeux contemporains autour de la/les nature/s au travers d’un échange scientifique pluridisciplinaire.

La nature peut être considérée comme un espace physique et matériel soumis à des transformations. Il s’agit du milieu support des interactions entre le monde minéral et les mondes vivants, que ce soit les microorganismes, la faune et la flore ou encore les hommes. C’est au prix d’adaptations que l’ensemble de ces êtres traversent les âges et continuent de faire partie intégrante de la nature.

Les hommes pensent et transforment depuis longtemps cette nature qui les entoure : ils l’exploitent, en font du patrimoine, ils la gèrent, ils la « dénaturalisent » pour ensuite la « renaturaliser ». Conscients de son utilité et de ses ressources limitées, des mesures pour en réguler l’utilisation s’observent par exemple dans la commune de San Gimignano au Moyen Âge, où le Petit Code Forestier règlemente la coupe du bois. Les questionnements relatifs à l’écologie et au développement durable sont largement présents dans le débat public, notamment depuis les années 1990. Certains événements majeurs, dont la Déclaration de Rio en 1992 et la signature de la Charte d’Aalborg en 1994, marquent un véritable tournant dans les politiques concernant la protection de l’environnement ainsi que le regard porté par les sociétés sur celui-ci. Les institutions chargées du développement territorial et urbain interrogent et réclament la place de la nature en ville au travers de projets d’aménagement cherchant à inverser le regard porté sur des espaces « dénaturés » et pendant longtemps oubliés, dont les rivières ou les friches industrielles.

Rousseau parlait au XVIIIe siècle de « l’homme à l’état de nature », état primaire fantasmé dans lequel il vit en harmonie avec son environnement intouché. Au siècle suivant, les romantiques ont exalté, peint, écrit, romancé et raconté les grands paysages. Nos sociétés occidentales actuelles attribuent une connotation particulièrement positive au caractère sauvage, devenu argument touristique pour certains voyages : une nature idéalisée au fil du temps, protégée par la société, par le droit, et à la fois exploité comme ressource économique.

La nature enfin, c’est ce qui définit l’homme, son essence, son état d’origine. Ce qui est naturel n’est pas acquis, sorte de caractère intrinsèque dont on ne peut se dépouiller. Existe-t-il une nature humaine ? Existe-t-il une nature féminine ? Masculine ? L’être humain serait-il un socle primaire ensuite façonné par les déterminismes biologiques et sociaux ? Et la nature serait-elle donc cet être brut, qui n’a pas encore été influencé par les cultures ?

1 « Les natures en question », Collège de France, 2017, https://www.college-de-france.fr/site/colloque-2017/symposium-2017-2018.htm ; « Capitaliser la nature. Les mises en forme économiques de l’environnement du XIXe siècle à nos jours », Ecole Normale Supérieure, 2017, http://koyre.ehess.fr/index.php?2420 ; « Nature et ville : regards croisés franco-lusophones », UMR CNRS 7324 CITERES et le Département Aménagement et Environnement de Polytech Tours, 2018, http://citeres.univ-tours.fr/spip.php?article2636.

Conditions de soumission

Les masterants, doctorants et jeunes chercheurs souhaitant soumettre une proposition de communication devront rédiger un texte résumé d’une page recto tout au plus. Devront y être inscrits leurs nom(s) et prénom(s), leur statut, leur université de rattachement, leur laboratoire de rattachement, leur discipline et le format de communication souhaité (communication orale ou poster).
Ce document devra être envoyé à l’adresse mail de l'AIDOC

Date limite de dépôt : 24 mars 2019

Comité Scientifique
- Aziz BALLOUCHE, Professeur d’Université en Géographie de l’environnement et du paysage
- Sébastien CAILLAULT, Maître de Conférences en Géographie environnementale
- Nathalie CARCAUD, Professeure d’Université en Géographie physique
- Fabienne JOLIET, Professeure d’Université en Géographie culturelle
- David MONTEMBAULT, Maître de Conférences en Lecture du paysage
- Aude NUSCIA TAÏBI, Maîtresse de Conférences en Géographie physique
- Cristiana OGHINA-PAVIE, Maîtresse de Conférences en Histoire contemporaine
- Isabelle TRIVISANI-MOREAU, Maîtresse de Conférences en Littérature du XVIIe siècle
- Gelareh YVARD-DJAHANSOUZ, Maîtresse de Conférences en Civilisation américaine

 

Français
Lieux de l'évènement: 
Maison de la Recherche Germaine Tillion, Angers
Lien URL de l'évènement: 
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Dates de l'évènement: 
Vendredi, 24 mai 2019